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 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.

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MessageSujet: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:20

Béarn - Janvier 1458



Geôles du Castèth de Pau - Négociation entre le Béarn et Genève
Agnès de Saint Just, Comtessa du Béarn vs l'Amiral Sancte Iohannes, Lecteur Aristotélicien Réformé et Chevalier du Lion.



[lieu : forum du Castèth de Pau]

[RP qui fait écho à : [RP] Le Diable en personne - fermé et non visible]

_________________
Mon plaisir à moi est d'enfermer des mots dans la mesure d'un vers.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:22


Sancte Iohannes a écrit:
Gnia a écrit:
Oooh, Messer Sancte Iohannes, comme c'est gentil à vous de nous rendre visite...

Décidément, un hérétique ne peut pas grand chose contre la vertigineuse escalade de sa propre gloire.

Ouais.
Gentil.
C'est mon deuxième prénom.


Il échange avec la Dame qu'il ne reconnait pas encore un sourire courtois de façade. Il s'attend à un coup de gourdin de la part du garde zélé qui l'accompagne, mais ce ne sont que des hardes de lin qu'il prend dans la gueule. L'étrange impression de tester un airbag avant l'heure. Déjà poussé dans le dos, il manque de trébucher, et s'habille tout en marchant, étant visiblement assez insensible au concept de pudeur ou peut-être trop narcissique pour y céder de bonne grâce. Pas de première qualité l'accoutrement, mais il lui permet d'avoir le service trois pièces à couvert et d'être au sec.

Une dernière poussée à l'épaule le fait entrer dans une salle carrée, d'environ 5*5 mètres. La pièce est éclairée par un soupirail qui laisse entrevoir la pâle lueur d'un jour d'hiver. Au centre, siège misérablement une table vermoulue ainsi que deux chaises. Un large buffet complète le décor plutôt austère. Il se retourne. La porte a été verrouillée derrière lui et celle qu'il reconnait maintenant sans mal. La Comtesse Saint-Just en personne.

Sa main glisse sur sa joue rugueuse. Il s'apprête à lui servir une connerie de soudard. Du style: "Fallait pas vous donner tant de mal pour un dîner aux chandelles vous savez." Mais son instinct l'en dissuade. La moue goguenarde qui venait de prendre naissance sur son visage couturée se dissipa bientôt et se mua en une gravité particulièrement fauve.


Qu'est ce que j'peux faire pour vous, votre Grandeur ?

Point d'ironie sous-jacente. Même les plus fervents républicains apprennent au fil du temps à se soumettre à l'étiquette.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:24


gnia a écrit:
Haussement de sourcil et demi-sourire quand il répond. Si on reste sur ce ton, ça va être sport. Mais l'on ne peut décemment reprocher à celui qui est acculé une ultime fanfaronnade.

Elle tourne les talons tandis qu'un garde s'occupe de faire en sorte qu'il suive. Après tout, si on pouvait laisser pourrir dans une cellule déjà moisie le premier détenu de droit commun venu, tenir une discussion devenait plus corsé. Sauf si on évitait de respirer. Pas pratique pour parler. Donc direction la salle d'interrogatoire. Au passage elle confie à un garde chiourme la dague qu'elle porte toujours planquée sous les épaisseurs de vêtements. A regret, mais l'on n’est jamais trop prudent.

Elle aurait bien opté pour une atmosphère plus gore genre l'antre du bourreau. Passer un gars à la question, parait que ça défoulait. Mais bon, la Bapaume avait du mal avec l'odeur de chair brûlée, ça lui rappelait des mauvais souvenirs. Et pour le reste de la panoplie mention tortures en tout genre, ça le faisait moyen niveau ouverture pour une tentative de sortie de conflit.

Voilà. Le Lion est entré dans l'arène. Le spectacle peut commencer. Son regard jauge le bonhomme pendant qu'il détaille la pièce. Elle se prépare à répondre à sa mine narquoise un "Trêves de conneries !" Mais le réformé a du sentir venir la réplique cinglante, même pas besoin de lui faire comprendre qu'elle n'a pas envie de se complaire dans la joute verbale. Pas pour l'instant.
D'un signe de la tête, elle désigne la chaise en face d'elle et tire la sienne.


Asseyez-vous, je vous prie.

Elle prend place, lissant d'une main distraite sa robe, mouvement réflexe qui prend sa source loin dans le passé et qui cherche la présence rassurante de la dague, comme pour conjurer le mauvais sort. Mais non, pas là, la dague.
Elle prend une légère inspiration, autant rentrer de suite dans le vif du sujet.


Ce que vous pouvez faire pour moi ?
On m'a laissé entendre que vous pourriez être un interlocuteur de choix s'il me prenait l'envie de vouloir tenter de trouver un accord pour que le Béarn retrouve un peu de quiétude.
M'a t’on induite en erreur ?


Son regard bleu sombre scrute le visage balafré à l'affut de moindre signe de mensonge, de dissimulation.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:25


Sancte Iohannes a écrit:
Les Aristotéliciens Réformés, c'est un peu comme le Bazar à Benichou:

Il n'est jamais trop tard pour faire affaire.

Le voilà brutalement dressé, sanguin, haletant, les yeux écarquillés sur la silhouette auguste qui se dessine dans la pénombre.
La vôtre.


Je ne suis pas le Capitaine de la CRS, ni même le Primus Inter Pares du Consistoire Léonin.
Mais mes camarades m'ont effectivement désigné pour porter leur voix à l'oreille de l'Altesse Comtale nouvellement élue, se disant sans doute qu'un péquenot du Sud serait plus apte à se faire comprendre auprès de ses camarades Occitans. Je n'allais donc pas tarder à me présenter ici avant de recevoir votre ... invitation.


Il esquisse l'ébauche d'un sourire distant qui se dissipe instantanément, puis se rassoit. Mais ça ne lui convient pas. Il se lève de nouveau.

Vous avez compris que le conflit qui nous oppose ne se résoudra pas par les armes.
Vous avez également compris le danger subversif que nous représentons si nous restons trop longtemps en Béarn. Nous pourrions devenir Béarnais, et certains Béarnais, partisans de ce qu'on appelle avec délicatesse: "La Nouvelle Opinion". Qui sait d'ailleurs si nous n'avons pas une carte à jouer lors des prochaines élections Comtales ?

Nous sommes nombreux quand Pau est désertée.
Nous sommes unis quand le Béarn est divisé.
Nous patientons quand les défenseurs s'impatientent.
Nous mangeons de la viande quand les autres mangent du pain noir.
Comment voulez-vous dans ces conditions que ce que vous appelez le "mal", ne soit pas durablement inoculé ?


Son visage se redresse vers le soupirail. Face à lui, étranglée entre les barreaux, se bouscule toute une marée de visages, amis et ennemis, Huguenots et Papistes, traîtres et fidèles à leur camp ...

Nous autres, Genevois et soldats combattant au nom de Genève, sommes venus en Béarn pour une raison limpide: que cette Province réprouve les actes du défroqué-refroqué Yohann65 en le bannissant de son sol. Nombreux ont été les mesquins qui ont affirmé que cette revendication n'était qu'un prétexte à la guerre. Céans je puis vous certifier que c'est bien ce qui a poussé tant d'honnêtes politiques, artisans, commerçants, paysans sur les routes, alors que jadis, ils ne combattaient pas aux côtés, mais contre le Lion de Juda. Une mobilisation populaire, Comtessa, à la hauteur du traumatisme qui a été le leur lorsque leur avoyer, sorti de Genève avec un drapeau blanc pour parlementer, a été massacré par un Clerc sans scrupule, en dépit de toutes conventions. Si un jour, alors que le Coms du Béarn, prend la décision d'aller parlementer avec l'ennemi, ce dernier le mette traîtreusement en pièces, comment prendriez-vous le fait que l'on vous réponde: votre colère n'est qu'un prétexte ? C'est tout simplement ignoble. Tant que vous n'aurez pas admis que les sujets de Genève qui croupissent en votre capitale sont avant tout des citoyens meurtris qui cherchent à laver l'honneur de leur cité que le Béarn par son silence a totalement bafoué, alors nous ne pourrons jamais nous comprendre.

Il se retourne, et balaie la pièce d'un oeil sombre, qu'il vient arrêter sur votre personne.

Vous allez sans doute me répondre, non sans sarcasmes: allons donc, si vos angéliques Genevois sont de si sympathiques citoyens et non des brigands et des pillards, ils vont donc sans doute rendre au peuple du Béarn la picorée qu'ils ont amassé en saccageant le château. Ce à quoi je vous répondrais qu'il n'en est pas question. D'une part parce que la majeure partie de cette picorée se situe au-delà de vos frontières désormais, mais d'autre part et avant tout parce que la guerre doit payer la guerre, que la route pour l'aller est aussi longue que la route qu'ils auront à faire au retour, avec des risques accrus. C'est ainsi. Cependant, j'ai bien conscience que si nous désirons signer une paix franche et sans détour, il va falloir que chacun y trouve son compte. Vous êtes une dirigeante. Vous devez tout à la fois nous faire partir de vos terres, préserver l'honneur de votre peuple, et trouver de quoi montrer à l'opposition que vous réussissez là, où eux ont misérablement échoué, et ce, dès les premières lueurs de votre règne. Moi je dois satisfaire le compte de Genevois qui voudraient repartir d'ici avec le sentiment du devoir accompli. Notre but, est d'arriver à s'accorder sur un fond commun, à partir duquel nous lui modèlerons la forme que nous voulons pour la rendre acceptable à notre public. C'est là toute la difficulté de la chose, et pour des gens comme vous et moi, je ne pense pas que cela relève d'une gageure insurmontable.

Lui-même étonné par ce discours empreint d'une froide tempérance pragmatique, il en vient à se demander si le conseiller Varden ne se sert pas de lui pour en faire une marionnette pantomime. Son regard vacille, se détourne, fuit votre image de veuve drapée dans toute la soierie alourdie par les brocarts de la majesté Comtale, que lui offre votre visage impavide.

Je propose au Béarn un retour à la paix.

Qu'il reprenne la main, impose sa souveraineté, et clame ses idéaux: les meurtriers, quels qu'ils soient, qui rompent la trêve décrétée par l'établissement de pourparlers, ne sont point les bienvenus en Béarn. Le Comté décrète par conséquent que le dit Yohann65 est persona non grata sur ses terres comme tous ceux qui s'aviseraient à user de telles infâmies. Les Genevois de votre sol se rendront alors à vos soldats qui auront la charge de les reconduire à la frontière du Béarn (voir de l'Alliance Pyrénéenne) pour veiller à ce qu'ils quittent définitivement le territoire, les membres de la CRS se voyant bannis du Comté.

Mais en plus de cela, je vous offre la réconciliation. Si vous tenez vos engagements et que nous sortons du Béarn dans les conditions que je vous ai spécifié, vous aurez ma parole d'officier que toute la lumière sera faite sur les complicités et les soutiens dont nous avons bénéficié en Béarn, y compris les courriers de félicitations ainsi que les propositions qui relèvent clairement de la trahison pure et simple.

C'est ainsi que je vois un accord qui respecte tout à la fois la dignité respective de ceux que nous représentons.
A nous la liberté et le devoir.
A vous la paix et toute la lumière sur les ombres cette guerre, prémices indispensables à toute reconstruction.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:26


gnia a écrit:
Par tous les Saints, le pouvoir d'une phrase... Comme si, telle Pandore, elle avait ouvert un coffre qui refusait de se refermer à présent qu'il était béant. En un instant le soudard s'est transformé en orateur, efficace, point, exalté.
Oreille attentive mais dehors impassibles, Sa Grandeur écoute, note mentalement, réfléchit. Elle se fustige d'avoir oublié l'espace d'un instant que le verbe était l'arme de prédilection des Genèvois et affiliés. Affutée, tranchante, faisant mouche.

Un long silence s'installe avant qu'elle ne se décide à parler. Une inspiration imperceptible et elle se lance à son tour dans l'arène.


Je vous ai entendu. L'essentiel ayant été résumé et vos demandes exprimées, je vous propose d'aborder le fond commun.
Je pourrai perdre mon temps à nous lancer dans une discussion sans fin et tenter d'argumenter avec force de contre-exemples et d'asséner des contre-vérités, mais je préfère profiter de votre présence en ces murs pour tenter d'avancer.

Vous dites que vos camarades vous ont désigné pour les représenter, membres de la CRS et des Lions, donc.

J'aimerai au préalable savoir de combien d'hommes nous parlons, avoir leurs noms.
Vous comprendrez aisément que si nous arrivons à un accord, cela sera pour tous ou pour aucun.


Pragmatique la Comtessa, peut-être trop. Mais à quoi bon force diplomatie et phrases alambiquées quand elles ont déjà démontré leur inutilité ?
Ses yeux cherchent ceux de son interlocuteur qui l'ont fuit un instant plus tôt. La concision saura-t'elle charmer l'homme d'action ou bien frustrera-t'elle le manieur de mot ?
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:27


Sancte Iohannes a écrit:
Il se tourne vers vous d'un bloc.

Je suis ce que je suis, mais je ne suis pas un menteur.

Quant aux noms, vous les avez déjà.
Communiquez moi l'identité de ceux que vous voulez voir partir, et ils partiront. Vous comprenez aisément de toute façon qu'une fois que le gros de la troupe aura mis les bouts, le substrat qui pourrait éventuellement rester n'y trouverait plus aucun intérêt. Notre force est le nombre: si nous nous divisons, nous perdons. C'est aussi basique que ça.


Il ferme les yeux, et son visage subit une altération subtile. Plutôt ambiguë.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:28


gnia a écrit:
A sa volte face répond un sourire fugace, un court battement de paupière, signes d'une volonté d'apaisement, à peine perceptibles, mais ils sont là.

Si je n'avais point décidé de vous croire, Messer, soyez assuré que vous auriez déjà été raccompagné à vos... "appartements". Au mieux.

"Si nous nous divisons, nous perdons." Tellement évident, une bien amère vérité qui semble trouver un écho universel.
Le ton, presque badin l'instant d'avant, redevient dur, sans émotion palpable.


Je vous communiquerai donc la liste de ceux qui devront partir.
Ils devront se rendre, seront bannis de nos terres et seront raccompagnés hors des frontières de l'Entente Pyrénéenne.
Nous discuterons des détails ultérieurement, si vous le voulez bien.

Le sieur Yohann65 à présent...
Je n'ai, pour ma part, aucun scrupule ou remord à lui interdire de trouver refuge sur notre territoire.
Celui par qui est venu la guerre, protégé par la peur, l'hésitation, le besoin ou le trop plein d'orgueil de mes prédécesseurs sera décrété persona non grata en Béarn.
Je n'ai aucune considération pour les hommes sans honneur, encore moins quand ils font souffrir durablement deux peuples par leurs actions inconsidérées.
Je connais la guerre, ce qu'elle coûte, les plaies profondes et indélébiles qu'elle laisse sur son passage.


La mâchoire se crispe, les mains s'agitent, le regard s'anime, plein d'une rage sourde contenue avec peine.

Je connais l'honneur, j'ai des idéaux et des principes pour lesquels je suis prête à donner ma vie. Votre colère, je la comprends, pour l'avoir vécue.
D'autres circonstances, d'autres motifs, le même immense gâchis...


Sans même s'en rendre compte, elle est debout, les poings serrés sur le bois vermoulu de la table qui les sépare. Un voile trouble un instant ses yeux qui ne le regardent plus. Puis, comme elle est venue la vague se retire. Son visage retrouve le masque froid et hautain.

Dès lors, si les conditions préalables sont remplies, si nous avons les bases d'un accord, j'attends que vous honoriez votre parole, car je lui donne le poids qu'elle mérite, celle d'un homme d'honneur.

Je vous donne l'assurance de sortir libres du Béarn, je lave l'affront qui vous a été fait.
Offrez moi la lumière, la vérité, aussi crue soit-elle, et permettez au Béarn qu'il retrouve la quiétude qu'il mérite, une fois qu'il aura pansé ses blessures.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:29


Sancte Iohannes a écrit:
Je me félicite de votre jugement concernant Yohann. Ce coquart n'est qu'un vieux tas de merde dans des bas de soie. Vous aurez donc toute la vérité sur ce conflit une fois que je me serais vu assuré de notre départ de vos terres et de vos dispositions concernant le défroqué qui a été la cause de nos contentieux. Anticipant votre réaction, il enchaîne immédiatement. Je sais que vous allez me demander des garanties. Je ne peux pas vous en donner sinon celles qui engagent mon honneur, ce qui n'est pas rien. Dites-vous cependant que j'aurais tout à perdre à faillir à ma parole. Car pour quelle raison objective ne la tiendrais-je pas ? D'une part, nous partageons tous deux le dégoût qu'inspirent ce genre d'hommes, car si le traître est parfois apprécié pour ce qu'il fait, il est toujours haï pour ce qu'il est. D'autre part, je dirige une compagnie de mercenaires. Dans le sens véritable du terme. Je ne suis pas un zozo qui rêve d'avoir une armée pour tout casser histoire de se prouver des choses et braver les puissants. Ça c'est de la branlette de débiles. Je vends mes services aux Provinces en intégrant leurs armées, sous la conduite de leur état-major. En quelque sorte, aussi abject que cela puisse vous paraître: vous êtes ma clientèle. Et je tiens à ma réputation dans le milieu des hauts collets. Je ne suis pas le genre de larron à mordre la main qui me nourrit. C'est donc sans déplaisir aucun que je m'acquitterais de cette modalité, vous pouvez m'en croire. Il rouvre lentement les yeux et vous regarde intensément, jouant de son regard magnétique. Dès que vous aurez scellé et publié la déclaration s'afférant au bannissement de Yohann65, nous commencerons à constituer les lances nécessaires à notre départ en collaboration avec votre État-Major. Une fois nos sauf-conduits de bannis affichés et dûment scellés, nous pourrons nous mettre en route. Pour éviter la panique qu'engendrent les mouvements de foule, je préconise la sortie d'une seule lance par jour. Il finit par vous adresser un sourire cynique. La bonne volonté peut venir à bout de tous les obstacles, comme je vous l'avais prédit. Puisse l'Histoire nous prouver une fois encore que les ennemis d'hier peuvent être les alliés de demain.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:30


gnia a écrit:
Hiératique, toujours la Comtessa, malgré le sourire goguenard qui pourrait s'échapper à entendre les derniers mots du mercenaire.
Son expérience lui a appris à ne jamais cracher sur les offres de service. Mais là pour le coup, s'acoquiner avec la lame par laquelle son époux était mort et elle marquée, il faudrait que beaucoup d'eau coule sous les ponts et si possible avec les corps de quelques réformés flottants à la surface.
Enfin, il fallait savoir quand on choisissait de se mettre au service d'un comté s'oublier et ne voir que le bien commun. L'heure n'était point propice à songer à assouvir les désirs de vengeance de sa petite personne.
Au sourire cynique répond donc un petit hochement de tête signifiant la fin de l'entretien.


Sans vouloir vous faire mentir à propos des garanties, je suis sûre que preuve de bonne volonté peut être donnée en faisant en sorte que le repaire dont vous usez à Pau soit fermé préalablement à votre départ et que quelques mandats encore en possession de certains de vos hommes nous soient également restitués. Vous m'accorderez qu'il s'agit plus d'un geste symbolique qu'autre chose et qu'il ne devrai pas être difficile d'y répondre favorablement.

Voilà, Messer Sancte, dans la mesure où nous semblons nous accorder déjà sur un fond commun, il va être temps pour moi de faire en sorte d'en étudier la faisabilité et de rassurer des conseillers qui se persuadent que je baille aux corneilles tandis qu'eux s'adonnent au point de croix. Je suis sure que vous comprendrez dès lors qu'il me faille prendre congé.

Néanmoins je serai fort désappointée de perdre interlocuteur aussi captivant que vous. Il vous faudra donc accepter mon hospitalité encore quelques jours, quoique nous veillerons à ce que l'on vous donne chambre plus confortable et possibilité de communiquer avec vos camarades. Je suis sûre que vous n'y verrez pas d'inconvénients...


Quelques coups frappés à l'huis, la porte est précautionneusement déverrouillée et Sa Grandeur, avant de sortir, lui décoche un dernier regard.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:33


Sancte Iohannes a écrit:
Le Chevalier de la Nouvelle Opinion émet un rire sarcastique.

Votre Serviteur vous remercie pour l'expression de la si délicate magnanimité dont vous faites preuve à son égard, votre Grandeur.

Sur ces bons mots, le masque de causticité de son visage s'effondre et son chef s'abaisse, dans une attitude mi-humble, mi-méditative.

Béarn fut adversaire loyal. Aussi, nous exigerons de nous-même de l'être avec lui en retour.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:34


Sancte Iohannes a écrit:
Agnès a écrit:
Bruits de pas et cliquetis de chaînes se firent entendre dans le couloir.
Et meeeerde... Prise la main dans le sac.
Restait à faire un choix. Refermer prestement l'ouvrage et tenter de prendre un air innocent, malaisé avec les joues couleur pivoine, ou faire comme si l’on n’avait rien entendu et continuer à feuilleter le manuscrit d'un air détaché en assumant les pommettes empourprées.

Plouf, plouf.
Choix numéro deux.
Alea jacta est.

- J'te croyais balaise mais t'es vraiment qu'un minab'. Si t'avais des couilles tu aurais rel'vé le gant face au Lieutenant !
- Vois-tu, Alphonse, si je devais honorer tous les duels que l'on me proposait, je serais le plus idiot des hommes. Car le vainqueur de ceux-ci en ressort d'autant plus glorifié que le vaincu a plus de notoriété. Quel intérêt ai-je donc à risquer mon cuir face à un cancrelat de fond de cachot ? Je te le demande. Si je gagne, je n'en tire aucun mérite, si je perds, on me dépossède de tout. En vérité, cette forme d'honneur qui s'articule autour de pareilles convenances n'est qu'une breloque qui habille bien les morts, et s'il y a une chose que l'on ne saurait reprocher à l'Amiral, c'est bien de savoir où se situe son intérêt . D'ailleurs de vaillants personnages qui relevaient le duel pour tous les affronts mineurs, il y en a plein les cim...
- Tu me fatigues, Iohannes. Avance !

Bon bon ... Son petit rat de geôlier n'ayant ni le verbe développé, ni l'oreille attentive, le prisonnier en vint à regretter la compagnie du Sergent Gregor. Mais c'est une surprise de tout autre acabit qui l'attendait "studieusement" dans sa cellule. Reconnaissant son Altesse Comtale, le petit Rat Alphonse s'empêtra dans une révérence maladroite et bégayante, avant de filer à quelques mètres de là. Avisant la Dame d'un regard oblique, le mercenaire s'inclina à demi, avant de dégrafer sa cape pour mieux la poser sur sa chaise. Il avait bien entendu aperçu la couverture du livre qu'elle tenait en main, mais conformément aux quelques séquelles d'éducation qui l'animaient encore, il eut la pudeur de ne pas lui en faire la remarque au travers d'un vulgaire: "Alors ma toute belle, on s'cultive ? Hinhin".

Hé bien Comtessa ? Est ce le Conseil qui en a pris pour son grade, ou votre grade qui a subi les foudres de son Conseil ?

Dégrafant son col, le Sanctissime Iohannes ferme les yeux.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:35


gnia a écrit:
Le manuscrit fut refermé lentement, la paume lissa un instant le cuir de la couverture et enfin l'ouvrage fut posé avec parcimonie sur la pile d'où il provenait. Puis Sa Grandeur daigna enfin poser les yeux sur son interlocuteur. Effet théâtral calculé quoique sûrement limpide, mais qu'importe. L'instant fut mis à profit pour se demander comment diable un esprit même tordu pouvait imaginer autant de sévices corporels et les compiler dans un seul ouvrage, édifiant au demeurant.

C'était un homme bien différent que celui avec lequel elle s'était entretenue quelques jours plus tôt qui se tenait devant elle. Elle jaugea rapidement la silhouette tandis qu'il ôtait sa cape. En plus du bagou, il avait de la prestance l'Amiral. Ils avaient bien choisi leur représentant, les Réformés du Béarn.
En d'autres circonstances, il aurait fait sans doute un petit "quatre heure" plus que correct...
Allons, allons, papillon, on se concentre sur ce pourquoi l'on est venue en premier lieu !
Et puis ne pas oublier que le quidam avait comme lecture de chevet un traité complet de tortures et autres sévices corporels, ça mettait un froid direct ce genre de choses...

Elle avait probablement commis une erreur stratégique en lui permettant de retrouver un tant soit peu de dignité. Quoique vu le soin que le sicaire apportait à sa mise, pas dit que ce soit si mal pensé que cela. Peut-être le narcissique ainsi flatté serait-il alors moins sur ses gardes. A voir...


Amiral, vous ai-je donné l'impression que malgré foudre, tempête et autres déchaînement d'éléments, je puisse réellement souffrir d'en prendre pour mon grade ?
De toutes façons, le résumé de notre entrevue était attendu comme l'on attend le retour des premiers signes du printemps après un hiver rigoureux, vous vous en doutez bien puisque vous n'avez rien laissé au hasard.


Un sourire amer se dessina sur le visage de la comtesse. A quoi bon tenter de masquer ce qui était l'évidence, l'on ne signe jamais d'armistice sans une certaine frustration.

Si ceux que vous représentez sont toujours décidés à honorer les parties de l'accord que nous avons, je vous propose d'établir dès à présent une chronologie de la façon dont nous allons procéder.

Je voudrai simplement revenir sur un préalable à l'annonce concernant Yohann...
Dioscoride et Zarathoustra rendent les mandats en leur possession. Et Ptitfrère fait savoir qu'il retire sa candidature de la mairie de Pau.
Et ne me répondez pas que vous ne pouvez pas l'exiger, je ne vous croirais pas.
Ah, j'oubliais... Si je vois apparaitre la moindre liste comtale menée par l'un des vôtres, notre accord devient immédiatement caduc.

Une fois les mandats rendus et le retrait de candidature, je fais publier l'annonce sur Yohann.


Quitte ou double. Soit l'on n'avait plus d'accord soit l'on en avait toujours un.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:36


Sancte Iohannes a écrit:
Le col en relâche, l'Amiral tournait dans la cellule comme Lion en cage, ses mains puissantes jointes dans son dos tandis qu'il prêtait une oreille des plus attentives à vos propos. Quand ce fût à son tour de parler, il ouvrit enfin les yeux avec la plus grande sévérité, ancrant son regard acier dans le lagon paradisiaque de vos iris qui, en ces lieux sordides, ne pouvaient correspondre qu'au reflet de votre rang.

Ma question n'était que de pure forme. Si au travers d'icelle j'ai pu laisser entrevoir l'idée que votre Grandeur puisse souffrir de l'ardeur du soleil, de la fraîcheur de la lune, de la force du vent, des inclémences du ciel, et des piaillements d'une bande d'incultes à la dérive -et bruyants par dessus le marché- alors je vous prierais humblement de m'excuser l'outrage que, bien malgré moi, j'ai eu l'outrecuidance de vous faire subir.

Sur cette réplique, il s'autorisa à s'asseoir face à vous, et à noyer son regard dans le décor hétéroclite que lui offrait l'étalage des bibelots vulgaires amassés dans sa cellule. Pensif, il creusa avec ses ongles sa poitrine glabre et massive qui s'offrait nue sous sa chemise entrouverte.

Si l'aveugle conduit l'aveugle, ils risquent de se retrouver tous deux dans le fossé. En tant qu'individus éclairés, nous avons toute latitude pour faire la pluie et le beau temps sur cette contrée. Asséchons ce qui tend à devenir un marécage et sonnons dès à présent les trompettes de l'espérance en des jours plus cléments. C'est ce que veut le peuple de Béarn, ce que veulent ses soldats, c'est ce que veulent les combattants de Genève, et ce que veulent tous ceux qui ont à pâtir de nos discordes.

Les mandats seront rendus et Petit Frère annoncera son désistement, vous pouvez m'en croire.
Dès lors, vous publierez l'annonce concernant Yohann65 et nous pourrons procéder à l'évacuation de votre Comté.

Ce qui implique également que cessent les poursuites judiciaires dont nous faisons l'objet et que les dossiers en cours soient clos le plus rapidement possible.


Ses prunelles, austères et implacables, obliquèrent d'un bloc en votre direction.

Nous sommes d'accord ?




Encart HRP a écrit:

Deux précisions concernant les mandats;
1) Zarathoustra l'a déjà rendu il y a quelques jours.
2) Dioscoride est MORT suite à abandon, puis a ressuscité, et se trouve maintenant en retraite depuis le 16 Janvier. Donc nous l'avons averti, mais je pense qu'en l'état, nous ne pouvons malheureusement rien faire de plus.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:37


gnia a écrit:
Elle retint un rire franc quand l'Amiral mentionna les "piaillements d'une bande d'incultes à la dérive -et bruyants par dessus le marché-" Le genre de rire qui fuse pour relâcher la tension, celui qui s'envole de sa cage libéré par la connivence. Le genre de rire à retenir quand on discutait avec un balafré façon autoportrait de Van Gogh avant l'heure qui vous lançait des regards de précepteur mécontent des bêtises de sa récalcitrante élève dans une cellule certes plus sympathique qu'un cachot, mais une cellule quand même.

Bref, un peu de sérieux tout de même, un éclat de rire au milieu du discours du mercenaire pouvait tout à fait nous vexer le bonhomme et lui faire accroire qu'elle se fichait de lui alors que pas du tout. Surtout que l'on avait entamé un étape cruciale dans la réalisation de leur accord.
Penser à quelque chose qui ne faisait pars rire, vite... Ah voilà ! Le croquis précédemment étudié, dans l'ouvrage reposé quelques instants plus tôt. Un hymne à tout ce qu'on pouvait introduire dans un corps pour le faire souffrir. Mission accomplie. Elle n'avait plus aucune envie de rire, un frisson de dégoût lui dévala l'échine et ses cuisses se serrèrent imperceptiblement sous ses robes, mouvement instinctif.


Nous sommes d'accord.

Le regard soutient le sien, lui renvoyant tel un miroir l'éclat de sévérité et de dureté.

Les dossiers concernant les poursuites judiciaires à votre encontre sont toutes en attente sur le bureau du procureur, vous avez pu probablement le constater lors de votre visite.
Pour les procès en cours, il sera fait le nécessaire pour qu'ils soient rapidement clos.

Pour l'annonce concernant votre traître, quelque chose dans ce goût-là conviendra t'il ?


Et de tirer des cascades de soie grège qui composaient sa robe un morceau de parchemin qu'elle déplia avec soin avant de le tendre à son interlocuteur.
Spoiler:
 
Elle posa ensuite les coudes sur la tables, entrecroisa les doigts et posa son menton sur le support ainsi offert tandis qu'il lisait. Puis d'une petite voix à l'innocence enfantine, elle demanda

Vous ai-je spécifié qu'être banni du Béarn impliquait marque au fer chaud ?



encart HRP a écrit:
Concernant les procès :
Des courriers ont été envoyés IG invitant les persos en procès à se présenter avant que le juge ne passe le temps de parole accordé à l'accusé. 48 heures de délai.
C'est aussi parce que les accusés ne se présentent pas que les procès traînent.
Pour ceux en cours, le bannissement sera probablement prononcé IG en même temps qu'annonce RP en gargote.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:39


Sancte Iohannes a écrit:
L'amiral s'avance. Il hoche imperceptiblement sa grosse tête en s'emparant du papelard que vous lui présentez. Il le parcourt rapidement des yeux.

Il est dit qu'il n'est jamais de chemin assez plat pour que l'on ne puisse y trébucher.
Mais cela me convient tout à fait.


Il relève le chef et devant lui s'élance, démesurée et incomplète, la silhouette obscure de l'impitoyable Comtessa de lo Béarn.

Comme quoi, fallait pas pousser mémé dans les orties. Nos revendications n'étaient pas si excessives que cela.

Il vous rend l'ébauche de document. Puis, à l'écoute de vos derniers propos, son expression se trouble.

Je compte déjà deux marques au fer dans mon dos.
Je vous en serais gré si vous m'en dispensiez d'une troisième.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:39


gnia a écrit:
Une ombre voile furtivement l'éclat du regard à l'évocation de ce qu'à coûté l'orgueil de refuser d'entendre les revendications d'un peuple offensé. Tandis qu'elle replie avec soin le document, l'ébauche d'un sourire mauvais se dessine sur son visage lorsqu'elle avise le trouble provoqué par ses dernières paroles.
Elle se lève, signifiant là la fin de l'entretien et, avant de passer le pas de la porte, se retourne vers lui. Long regard en biais et toujours ce demi sourire qui ourle ses lèvres.


Nous verrons... Si vous êtes sage...

En attendant, je vais faire préparer l'annonce en place publique.
Je reviens vous voir au plus vite pour la suite des événements.


L'on entend plus que le léger bruissement de sa robe lorsqu'elle s'éloigne et l'instant d'après, la porte que l'on verrouille derrière elle.


[Le lendemain]

La journée s'annonçait pourtant radieuse, il n'en fut rien.
Agnès avait peu dormi et s'était pliée dès l'aube au protocole qui s'impose lorsque l'on reçoit membre de la famille royale en ses terres. Aussitôt ses obligations officielles remplies, encore vêtue de sa riche robe d'apparat, elle était descendue aux geôles, en proie à une sourde colère qui ne cessait de suivre chemin sinueux en elle depuis la veille.

Elle se fit ouvrir la lourde porte de la cellule et entra telle une subite bourrasque de vent. D'un geste sec, elle plaqua du plat de la main une missive froissée sur la table et vrillant un regard devenu aussi sombre que la nuit dans celui de l'Amiral demanda d'un ton implacable

Pouvez-vous m'expliquer ceci ?

Je vais vous en épargner la lecture, il s'agit de la dernière déclaration en date des "libres bourgeois en exil de Genève".
J'y lis que l'on invite tout vrai citoyen de Genève à se rassembler en Béarn...

Dois-je y voir rupture unilatérale de notre accord ? Dois-je comprendre que l'on se moque de moi ?

La déclaration concernant Yohann sera publiée ce soir avant la minuit, car je n'ai qu'une parole. Mais plus personne n'entre ou ne sort du Béarn jusqu'à nouvel ordre !

Débrouillez-vous pour faire revenir votre Primus inter Pares et vos libres bourgeois à la raison, où je vous jure sur mon honneur que vous me supplierez de simplement vous avoir marqué au fer rouge, que vos compagnons crèveront à petit feu à Pau, tandis que ceux qui doivent vous rejoindre ne pourront que contempler le ciel de leurs yeux morts.
Vous pourrez alors ajouter la cruauté à la liste des qualités que vous me trouvez.

Me suis-je bien fait comprendre ?
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:40


Sancte Iohannes a écrit:
[Le lendemain.]

L'Amiral était confortablement assis sur un tonneau, dans la pièce qui lui servait de quai d'amarrage pour recevoir les jolies goélettes dans votre genre. Vous tombiez bien. Il avait fait venir une voiture en bas du Casteth pour sa petite promenade vespérale et en venant un peu plus tard, vous auriez pu le manquer. Lors de votre irruption, il tenait dans ses mains un pistolet Milanais récemment acheté à un receleur Roume qu'il comptait bien essayer dans la forêt à cette occasion pour tuer le temps. Au fond, n'est ce pas l'occupation la plus ordinaire et la plus légitime de toute une vie ?

Vous tombez bien, Votre Grandeur. Après vous avoir espéré toute la journée, j'allais justement sortir. Je crois que vous me manquiez, en vérité.

Il déposa l'arme à la réputation instable sur une étagère branlante et vous tendit une petite croix en argent. La croix des huguenots. Il se doutait bien que vous passeriez le voir aujourd'hui. Quoiqu'en vérité, il se contentait de l'espérer ardemment. Avoir une voiture qui patientait en bas lui permettait sans doute de ne pas se sentir trop idiot. Alors il vous attendait. Paisiblement. Accoudé à la table de cette cellule qui tenait davantage du patio que du cachot.

Chez nous, on dit qu'à estomac plein, les maux sont vains. Encore faut-il absorber une nourriture saine. Libre au monde de se nourrir des chimères de notre Primus. La République Réformée du Béarn, le Gouvernement de Genève en exil, cela fait hurler les simplets comme votre ami Acar, cela fait enrager les complexés comme Hagden, cela terrifie les naïfs et ulcère les tigres de papier.

Mais vous, Comtessa, honnêtement. Je vous en prie, reprenez-vous. Qu'adviendrait-il si je vous faisais le même scandale à propos du nouveau roi du Béarn en prenant votre air outragé ?


Il leva un court instant les yeux au ciel.

Notre accord n'est en rien modifié. Personne d'autre ne viendra vous coloniser. Je ne méprise pas vos menaces. Je suis obstiné mais je ne suis pas un imbécile. Seulement vous n'en avez pas besoin car je joue franc-jeu, dans nos intérêts respectifs. Alors je vous en prie: replacez-les dans l'écrin délicat de votre diplomatie et redescendez sur terre, avec moi. Vous verrez. On n'y est pas si mal.

D'autant plus qu'il semblerait que mon séjour parmi vous doive s'achever sous peu.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:41


gnia a écrit:
L'amour n'est pas l'unique sentiment propre à aveugler. La colère sait aussi fort bien accomplir cette tâche. Lorsque ses yeux quittent enfin ceux de son interlocuteur, décontenancés par le flegme qu'il affiche ostensiblement, ils embrassent enfin le panorama. L'arme à feu trônant sur l'étagère, l'éclat du bijou qu'il tend achèvent de déconcerter le courroux qui l'étreint.
Pire que tout, le calme serein avec lequel il lui répond, la prenant à contre-pied.

Elle l'écoute en contemplant un instant dans sa paume la croix qu'elle a prise sans même y réfléchir, luttant contre l'irrésistible envie de le gifler.
En lieu et place, elle se fustige mentalement. Sombre crétine, t'attendais-tu vraiment à autre chose ?
Le souffle encore court, elle répond lentement, le regard perdu dans le vague


Vous jouez franc jeu, soit. Tenons le pour acquis.
Mais si je vous écoute, je ne devrai croire que vous, sans aucune garantie finalement que d'autres vous écoutent.
Vous comparez votre Primus à notre bouffon régional...


Un pli soucieux barre son front tandis qu'elle réfléchit à voix haute, comme si elle était seule dans cette cage dorée à la porte béante qui n'avait de cellule que le nom. Enfin, elle le regarde, une lueur indéfinissable dans les yeux.

Je ne trouve pas que ma réaction soit aussi disproportionnée et inadéquate que vous ne voulez le laisser entendre, Amiral. Je ne suis point une petite fille capricieuse dont il faut calmer les accès d'ire à coups de sermons. Ce n'est après tout que l'expression d'un agacement certain à l'idée de perdre mon temps icelieu à jouer les duellistes avec vous alors que je pourrai le consacrer à autre chose...
Et je ne prise guère l'étrange sentiment de n'être finalement qu'une poupée de chiffons à qui l'on laisse croire qu'elle contrôle encore quelque chose juste pour lui faire plaisir.


Elle pose enfin sur la table le bijou qu'elle tenait encore dans sa main et hausse les épaules.

Reprenez la. Et partez donc puisque rien n'est capable de vous retenir ici de force, vous m'ôterez au moins le goût amer du sentiment mentionné plus tôt...
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:42


Sancte Iohannes a écrit:
Un silence pesant envahit la salle. Pour la première fois peut-être, il se posa des questions sur vous. Quel âge pouviez-vous bien avoir ? Vingt ans ? Vingt-cinq ? Peut-être trente.

Notre Primus a le sens de la démesure et du spectacle. Je le trouve souvent grotesque dans ses accès mégalomanes, mais force est de constater que cela marche. Il a créé un groupe fort, soudé, obstiné, cohérent, ambitieux. Un groupe doté de convictions et d'une vision de long terme. Il a tout mon respect pour cela. Quant à votre bouffon régional ... Ma foi, même les terres sèches et stériles donnent de bons fruits quand on les cultive. Il aime se donner en spectacle ? Proposez lui donc un vrai rôle de bouffon officiel et exclusif, avec les grelots. Au moins vous l'entendrez débarquer et il pourra tirer fierté de quelque chose.

Mais pour en revenir au sujet, il n'en reste pas moins que l'homme sage doit être apte à différencier ce qui relève de la provocation et ce qui relève de la menace sérieuse. Vous appelez à la mobilisation, nous renforçons notre position vis à vis de ceux contre qui nous sommes en lutte et ceux qui nous ont lâché. Ne nous le reprochez pas. Ce serait injuste.

Redressez la tête et ne méjugez pas du résultat de ces négociations. Vous aurez tout le loisir de laisser éclater votre colère Comtale sur mes épaules de vilain le jour où je vous aurais trahi. Pour le moment, il n'en est rien, car il n'est pas dit qu'un Sicaire du Lion de Juda vous offre un jour le baiser de Daju*. Et vous en aurez la confirmation dès que vous me donnerez l'occasion de me conformer à ma parole d'officier.


Le voilà qui parlait machinalement, le visage purgé de toute expression. Il causait, débitait ses évidences, sans vraiment y être. Dans son esprit lointain défilaient toutes les beautés qui étaient venus éclairer ses nuits de jeune homme, et parmi celles-ci, dans le parterre de ses fleurs Montalbanaises, figurait votre ombre menaçante.

Je suis et reste votre Serviteur, Madame.

Son visage fut brièvement parcouru par une expression madrée. Il reprit son bijou, et le replaça dans votre paume, sur laquelle il replia vos doigts. Son regard vint croiser le vôtre avec une intensité maladroite dont il se serait bien passé.

Gardez-la. Je ne vous demande pas de l'aimer. Haïssez-la tout votre saoul si cela vous sied. Vous aurez au moins un souvenir de ces évènements et de notre rencontre. Car de huguenots ici, il n'y en aura sans doute plus avant un bon moment.



Citation :
*Judas étant Daju, dans la Vita de Christos.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:43


gnia a écrit:
A un autre instant, elle aurait vivement retiré sa main, vous interdisant d'y replacer la croix d'argent. Mais quelque chose dans votre regard la retint. Ce qu'elle avait cru y déceler l'avait surprise et elle ne songea même plus à échapper à votre main refermée sur la sienne.
Elle vous répond, les yeux fixant un point au delà de votre épaule. Vous êtes proche, trop proche. Il lui faut dès lors tenter de mettre une distance entre vous et elle, à défaut de parvenir à vous éloigner.


Entendons-nous Amiral, je ne vous reproche pas d'avoir affermi votre position en achevant de vous désolidariser de Genève. A vrai dire cela était couru d'avance et il n'y a bien que les autorités genevoises pour tomber des nues à telle annonce.
La seule et unique phrase de cette déclaration que j'ai retenue est la dernière. Celle qui me vaut tant de colère depuis que je l'ai lue. Celle qui appelle au rassemblement en Béarn. Vous comprendrez que je ne puisse le permettre.

Quant à votre parole, si tout se déroule comme prévu, vous aurez l'occasion de la tenir bientôt, lorsqu'il faudra que les vôtres se rendent à l'Ost béarnais...


Ses prunelles se posent à nouveau sur votre visage, y cherchant inconsciemment confirmation de la lueur qu'elles ont cru apercevoir plus tôt.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:44


Sancte Iohannes a écrit:
Il vous servit à boire, se servit à son tour, et vous sourit.

J'ai été à la bonne école. Je me rendrais à votre Ost pour me placer sous sa bonne garde. Cependant, un oiseau dans la main vaut toujours mieux que la grue qui vole. Iohannes et sa fâcheuse manie des proverbes étranges. Permettez-moi donc de diriger ma lance. Je pense être le plus à même de trouver la route la plus sûre pour rentrer chez moi.

Il n'était cependant pas encore totalement crétin et votre regard inquisiteur le plaçait dans un certain embarras. Il paru légèrement désorienté, comme un homme tiré du sommeil, avant que ses yeux fixés sur votre poitrine ne retrouvent leur éclat. Un éclat de prédateur, en vérité.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:45


gnia a écrit:
Elle prit le gobelet d'étain offert, vous observant opérer votre volte-face. Et à votre demande ne retint pas un léger ricanement.

Je ne vous permets pas. Tant que vous êtes sur mes terres et sur celles de l'EP, vous ne dirigerez rien que je puisse vous empêcher de diriger. Libre à vous de prendre votre commandement une fois sorti d'Armagnac et Comminges, il ne vous restera pas tant de chemin à parcourir que cela...

Je me dois de vous laisser, Amiral, si je veux pouvoir tenir parole quant à l'annonce sur votre traître...


Elle sait que vous avez repris de l'allant, vos yeux posés sur sa gorge ne mentent pas. Ni maintenant ni auparavant. Dès lors, il est temps de songer à vous quitter. Elle boit une gorgée, lentement, attendant votre réaction.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   Lun 19 Avr - 2:46


Sancte Iohannes a écrit:
Il s'esclaffa, non sans une certaine résignation.

Vous voilà bien sévère vis à vis d'un homme qui ne songe plus qu'à se mettre au vert. Je suppose que nous devrons rester encore en Béarn quelques jours avant d'organiser tout cela. Heureusement que notre viande salée et nos légumes secs sont encore salubres.

"Hé oui, tu n'es plus qu'un vestige Iohannes. Usé jusqu'à la corde. Le dernier d'une lignée de clochards déguisés en héros !"
Les paroles d'un petit merdeux sorti de la tombe lui revenaient péniblement en tête. Torchon indiscipliné, l'Amiral avait la fâcheuse manie d'oublier qu'il ne serait jamais serviette.
Dépité, il secoua la tête et vida son verre avec mélancolie, vous laissant à regrets regagner votre couche, se réservant quant à lui la modeste compagnie de sa bouteille.
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MessageSujet: Re: 01/1458 - Béarn - [RP] Terminus du désespoir.   

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